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Les cultures de Beccaria : Commémoration du 250e anniversaire de Dei delitti e delle pene

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À l’occasion du 250ème anniversaire du livre fondateur du droit pénal moderne "Des délits et des peines", l’institut culturel italien de Paris a le plaisir de vous signaler qu’un colloque international consacré à Cesare Beccaria se tiendra à Paris les 4, 5 et 6 décembre 2014.

À l’occasion du 250e anniversaire du livre fondateur du droit pénal moderne "Des délits et des peines", l’institut culturel italien de Paris a le plaisir de vous signaler qu’un colloque international consacré à Cesare Beccaria se tiendra à Paris les 4, 5 et 6 décembre. Le colloque sera inauguré par une conférence de Robert Badinter, et s’interrogera sur l’actualité de Beccaria en enquêtant sur les racines historiques et culturelles de son oeuvre (http://beccaria2014.com).

Lieu :

Du 4 au 5 décembre à l’Institut culturel italien de Paris – 73, rue de grenelle – 75007 Paris.

Et le 6 décembre à l’ENS – 45, rue d’Ulm, 75005 Paris (http://beccaria2014.com)

Comité d’organisation : Philippe Audegean (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3), Christian Del Vento (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3), Pierre Musitelli (École normale supérieure, Paris), Xavier Tabet (Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis).

L’essentiel de notre droit pénal est issu d’un petit livre italien qui fête en 2014 ses deux cent cinquante ans : Des délits et des peines de Cesare Beccaria.

En formulant ce constat, on risque cependant de méconnaître l’actualité persistante de cet ouvrage révolutionnaire. Beccaria est en effet le nom d’une exigence encore insatisfaite: ce qu’il faut comprendre, c’est à quel point le droit pénal est loin d’avoir réalisé les principes énoncés en 1764 par ce jeune Milanais de 26 ans.

Beccaria transforme et redéfinit l’idée même de peine. À ses yeux, la peine est un acte de violence qui, en tant que tel, ne peut être justifié que négativement: une violence n’est légitime que si elle permet de réduire la quantité globale de violence dans une société donnée.

Cette justification négative s’oppose à la justification positive du droit pénal d’Ancien Régime: selon Beccaria, la loi ne sacralise aucune violence. Le châtiment légal n’a pas vocation à rendre mal pour mal, il n’est pas un instrument d’expiation des péchés ou de purgation des vices et des passions. Point de salut par le mal. Une législation pénale juste ne doit alors pas seulement diminuer la violence des délits: elle doit aussi réduire la violence des réactions aux délits, c’est-à-dire la violence même des punitions. Une peine est un mal nécessaire qui, à ce titre, doit être la moindre possible: une société digne de ce nom ne punit qu’à contrecœur et le moins souvent possible, elle doit infliger les moindres restrictions, les moindres souffrances possibles.

Clarté et accessibilité des lois pénales, recueillies dans un code simple, léger, sans rien en lui qui pèse ou qui pose; présomption d’innocence et adoucissement des peines, parce que la sévérité est moins dissuasive que l’infaillibilité des lois pénales: c’est l’impunité des crimes et non la modération des peines qui est la principale cause des délits; dépénalisation et prévention plutôt que répression : où en sommes-nous, aujourd’hui, de ces exigences énoncées il y a deux cent cinquante ans ?

Des spécialistes du monde entier prendront part aux discussions, qui seront ouvertes par une conférence inaugurale de Robert Badinter

Jeudi 4 décembre

Institut culturel italien, 73 rue de Grenelle, 75007 Paris

9h15 — Ouverture du colloque

En présence de Danielle Tartakowsky (présidente de l’Université Paris 8), Carle Bonafous-

Murat (président de l’Université Paris 3), Marc Mézard (directeur de l’École normale supérieure) et de Marina Valensise (directrice de l’Institut culturel italien).

10h — Robert Badinter, Allocution d’ouverture.

Session 1 – Sciences et pratiques de la législation

11h — Denis Baranger (Université Panthéon-Assas – Paris 2), Beccaria parmi les sciences de la législation.

11h30 — Carlo Capra (Université de Milan), Au service des Habsbourg. Beccaria fonctionnaire.

12h — Michel Porret (Université de Genève), "Illustre Beccaria qui le premier osa relever contre la barbarie de la législation pénale" : l’abolitionnisme selon le Genevois Jean-Jacques de Sellon.

Session 2 – Avant Beccaria

14h30 — Gigliola di Renzo Villata (Université de Milan), Prima di Beccaria : quale sviluppo ? La cultura giuridica alla prova dei tempi.

15h — Loredana Garlati (Université « Bicocca », Milan), Tradizione e riformismo : gli ispiratori culturali del Beccaria « processualista ».

15h30 — Pierre Musitelli (École normale supérieure, Paris), "Mi è sempre mancata la pratica". En amont des "Délits" : Pietro et Alessandro Verri défenseurs des prisonniers.

Session 3 – La culture juridique

17h — Masao Kotani (Université Ochanomizu, Tokyo), Beccaria e la cultura della Roma tardo-repubblicana.

17h30 — Laurent Reverso (Université de Toulon), La culture juridique anti-romaniste de Beccaria.

18h — Elio Tavilla (Université de Modène et Reggio Emilia), Beccaria l’anti-juriste. Critiques de la culture juridique et résistances aux réformes en Italie au xviiie siècle.

Vendredi 5 décembre

Institut culturel italien, 73 rue de Grenelle, 75007 Paris

Session 4 – Économie et philosophie

9h — Cecilia Carnino (Université de Turin), Il lusso in Cesare Beccaria. Tra economia, politica e filosofia.

9h30 — Girolamo Imbruglia (Université « l’Orientale », Naples), Beccaria e il contrabbando.

10h — Alexandra Ortolja-Baird (Institut universitaire européen, Fiesole), Between Hard Science and Social Science. Scientific Methodologies and Public Utility in Cesare Beccaria’s Writings.

11h30 — Dario Ippolito (Université Rome 3), Contratto sociale e diritto penale in Cesare

Beccaria.

12h — Martin Rueff (Université de Genève), Qu’est-ce qu’un principe ? Des principes dans l’oeuvre de Beccaria.

Session 5 – Lectures françaises de Beccaria

14h30 — Christophe Cave (Université Stendhal – Grenoble 3), Beccaria "commenté" par Voltaire : un modèle militant.

15h — Jérôme Ferrand (Université Pierre Mendès-France – Grenoble 2), La culture juridique classique à l’épreuve du matérialisme philosophique : Beccaria et les juristes, du "Traité des délits et des peines" à la Révolution française.

Session 6 – Lectures italiennes de Beccaria

16h30 — Maria Rosa Di Simone (Université « Tor Vergata », Rome), L’influenza di Beccaria nello Stato pontificio : l’opera di Filippo Maria Renazzi.

17h — Rosamaria Alibrandi (Université de Messine), La "maravigliosa oppressione" della pena. Tommaso Natale, precursore di Beccaria o epigono di Leibniz ?

17h30 — Luigi Delia (Université de Bourgogne), Un supplément au § xxviii des "Délits et des peines" . Le "Della pena di morte. Trattato filosofico-politico" de Cammillo Ciaramelli.

18h — Jean-Pierre Grima-Morales (Université de Franche-Comté), Récompenser ou punir ? Dragonetti et Beccaria.

Samedi 6 décembre

Salle des Actes de l’École normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris

Session 7 – Beccaria en Europe

9h — Rémy Duthille (Université Bordeaux-Montaigne), Quelques lectures radicales de Beccaria en Angleterre (1774-1800).

9h30 — Emmanuelle de Champs (Université de Cergy-Pontoise), Une culture démocratique de la décision juridique ? Juges et jurés chez Beccaria, Condorcet et Bentham.

Dans Securities Against Misrule. Juries, Assemblies, Elections (Cambridge, 2013)

10h30 — Guillaume Tusseau (Sciences Po – Institut universitaire de France), Le contre-modèle constitutionnel benthamien.

11h — Élisabeth Salvi (Université de Genève), Jacques-Pierre Brissot de Warville ou le radicalisme beccarien dans la "Bibliothèque philosophique du législateur, du politique, du jurisconsulte" (1782-1785).

12h — Table ronde et conclusions, présidées par Christian Del Vento, avec la participation de Luigi Ferrajoli (Université Rome 3), Annamaria Monti (Université « Bocconi », Milan), Renato Pasta (Université de Florence) et Wolfgang Rother (Université de Zurich).


Accès aux sites du colloque :

Jeudi 4 et Vendredi 5 décembre
Istituto Italiano di Cultura
73, rue de Grenelle - 75007 Paris
Accès libre, réservation conseillée sur le site de l’Institut (www.iicparigi.esteri.it)

Samedi 6 décembre
École Normale supérieure
45, rue d’Ulm - 75005 Paris

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter par mail:
philippe.audejean@univ-paris3.fr, xavier.tabet@wanadoo.fr
Contact presse : giulia.gentile@esteri.it