Elections ordinales Paris 2020 : interview de Georges Sauveur et Sandy Mockel

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Le Monde du Droit a interrogé Georges Sauveur et Sandy Mockel, candidats au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris pour le mandat 2020-2022.

Pourquoi vous présentez-vous ?

Parce que nous pensons que nous pouvons être utiles à notre profession.
Nous savons qu’un mandat de membre du Conseil est chronophage. Il n’est pas possible de s’engager sur un coup de tête. C’est le fruit d’une longue réflexion.
En réalité, nous sommes tous deux engagés au service de nos Confrères depuis longtemps.
Sandy est formatrice e-Barreau et e-actes pour l’Ordre depuis 2012, permanente régulière du Barreau solidarité et ambassadrice du numérique auprès du CNB. Elle a été membre de la LIBAP pendant trois années. Elle est également depuis deux ans la vice-présidente de l’ACE-JA de Paris.
Georges a été Secrétaire de la Conférence en 2011, il a joué au Rugby Club du Palais, a été membre de la LIBAP, est membre de la Compagnie de théâtre du Barreau depuis 2008 (dont il a été le Président de 2010 à 2017), a participé à deux revues de l’UJA, est le Responsable de l’enseignement d’expression orale à l’EFB et à l’EDASOP et est membre de l’ACE dans le cadre de laquelle il dispense des formations à la prise de parole. Il a défendu des Confrères devant la juridiction ordinale.
Notre candidature est le prolongement naturel de nos engagements au sein de l’Ordre et au sein de plusieurs associations du Barreau.

Quels sont les principaux axes de votre programme ?

GS : en premier lieu, il convient de rappeler qu’un membre du Conseil de l’Ordre n’a pas de programme. Il est au service des Avocats, de l’Ordre et du Bâtonnier. L’Ordre rend 12.000 décisions et avis par an. C’est un travail considérable. Il n’est pas nécessaire de prétendre arriver avec un programme alors que ce dernier dépend de la volonté du Bâtonnier.
En revanche, je peux répondre à la question « que souhaitez-vous faire à l’Ordre ? »
Mon premier engagement sera la défense du secret professionnel et la protection des droits des Avocats perquisitionnés. Les atteintes aux droits des Avocats et au secret sont malheureusement nombreuses. Je rappelle que le secret n’est pas un droit de l’Avocat, c’est un devoir pour lui, à l’égard de son client.
Je souhaite m’impliquer dans la lutte contre toutes les formes de harcèlement. Notre profession doit être exemplaire. Je souhaite créer un réseau national des référents harcèlement de tous les barreaux.
Je souhaite que notre Ordre soit l’impulsion. Que nous soyons modernes sur les questions de mobilité professionnelle, sur la communication ou sur les honoraires. Que cette modernité fasse évoluer les positions du CNB. Les contraintes en matière de publicité n’ont aucune justification déontologique et relèvent de l’archaïsme. Quant aux honoraires, l’interdiction de la rémunération de l’apporteur d’affaires est fondée sur des fantasmes et sur une vision surannée de la profession.

SM : nous savons que nous vivons un vrai tournant dans la manière de pratiquer notre métier. La profession d’avocat a de grands défis à relever pour se réinventer. Il ne faut pas craindre l’arrivée de nouveaux acteurs, de nouvelles pratiques dans le monde du droit. Ces enjeux passent notamment par le numérique et la prise en main de toutes les opportunités que ce dernier nous offre et qui, pourtant, en effraie certains. Depuis près de 10 ans, je forme mes confrères parisiens à une meilleure utilisation d’un outil conçu pour nous et désormais par nous, à savoir la clé avocat. Je me rends compte du nombre d’attitudes différentes que nous avons vis-à-vis de ces changements et des axes d’amélioration de ces outils. Le numérique n’est qu’un outil : il n’est pas une fin en soi, il n’est pas une menace, il nous permet d’adapter notre activité aux enjeux majeurs qu’elle rencontre. Il y a d’ailleurs à l’Ordre de grands chantiers concernant le numérique et auquel je trouverais exaltant de pouvoir participer.
Et de plus petits mais tout aussi utiles. Ainsi, Alexandra Perquin, AMCO, m’a indiqué qu’elle avait souhaité initier une application pour nous permettre de pouvoir consulter le numéro des salles du tribunal de Paris directement sur le site de l’Ordre ou sur e-mobile, ce qui me paraît nécessaire à créer. Et d’ailleurs j’ai pu constater qu’une de nos consœurs avait eu la même idée sur Agora.

Quels dysfonctionnements observez-vous au sein de l’Ordre et que proposez-vous comme solutions ?

Le dysfonctionnement majeur de notre Ordre est la communication. Notre Institution comprend plus de 200 salariés, 42 membres du Conseil, un vice-Bâtonnier et un Bâtonnier. Qui a véritablement connaissance de tout ce que fait l’Ordre ? Qui connaît tous les services de l’Ordre ?

GS : Récemment, j’ai dispensé une formation pratique que j’ai intitulée « les armes pour éviter les situations de harcèlement ». J’ai demandé aux participants s’ils avaient connaissance de l’existence de deux référents harcèlement au sein du Barreau. Personne n’en avait connaissance. Ils sont pourtant très utiles.
Notre Ordre doit mieux communiquer (et non plus, car il y a déjà trop de courriels).
En communiquant mieux, les Confrères sauront ce qu’ils peuvent demander à l’Ordre, à qui ils doivent s’adresser et n’auront plus de suspicions.

SM : Il m’a été demandé d’attirer l’attention des avocats qui venaient assister à des formations sur le numérique sur tous les autres services que propose l’Ordre et qui sont en effet très peu utilisés parce que méconnus.

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ?

GS : Je ne me compare pas aux autres candidats que je connais pour une bonne part d’entre-eux. Si j’avais l’honneur d’être élu, je sais que je pourrais travailler avec eux. Car là est l’essentiel. Une fois élu, on attend d’un membre du Conseil qu’il travaille, en équipe. Evidemment, c’est une élection. Mais je ne me suis pas engagé avec l’obsession de la compétition. Je sais ce que je pourrais apporter à mes Confrères si j’étais élu. Je le sais parce que je les défends déjà. Je le sais parce que j’ai des idées pour la profession.
N’oubliez pas que le Conseil, c’est une équipe.

SM : je ne peux que rejoindre Georges sur sa vision de l’engagement qui l’a porté à se présenter à cette élection et sur laquelle nous nous sommes d’ailleurs immédiatement compris. Le Conseil de l’Ordre, ce sont des Avocats et des salariés qui travaillent tous pour améliorer le quotidien des Confrères, même si ce n’est pas toujours perçu ainsi. Il est important d’envisager, lorsque l’on souhaite en faire partie, ce travail à effectuer par commission. Travaillant déjà depuis plusieurs années avec Paméla Gardel de la DSI et Aurélia Huot au Barreau solidarité, je suis à l’aise avec ce travail en équipe, que j’apprécie même.

Propos recueillis par Yannick Nadjingar-Ouvaev

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