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Laure Lavorel, présidente du Cercle Montesquieu : « Il est indispensable d’accompagner nos membres dans la transformation de leurs métiers »

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laure lavorel2019Interrogée par Le Monde du Droit, Laure Lavorel, nouvelle présidente du Cercle Montesquieu, présente les axes de sa mandature.

Quelle est votre réaction suite à votre élection à la tête du Cercle Montesquieu ?

Ce n’est pas l’élection d’une personne puisque nous maintenons l’équipe de direction, au conseil d’administration comme à la tête des commissions du Cercle. Ce que je souhaite, c’est une présidence à plusieurs visages ; le Cercle Montesquieu est une association faite de bénévoles et de personnes qui s’engagent.

Quels sont les axes de votre mandature ?

Je pense qu’il est indispensable d’accompagner nos membres dans la transformation de leurs métiers. Nos travaux au sein de la Factory me conduisent à penser que l’enjeu majeur qui se dessine pour les prochaines années sera incontestablement celui de la transformation de notre profession. Nous assistons à la conjugaison de la globalisation croissante de l’économie avec un renforcement des réglementations nationales contraignantes comme ultime rempart à la mondialisation. Cette dynamique est accélérée par la transformation digitale de nos entreprises. La mise en place de nouveaux outils, la consécration de l’économie des données (Data Economy), le changement de business models associé à l’émergence de l’intelligence artificielle et à la blockchain, sont des accélérateurs de cette transformation. Il faut donc penser le monde dans sa globalité et se demander si les nouveaux métiers comme la Compliance ou les Legal Operations doivent faire partie de la direction juridique.

Le numérique va-t-il changer profondément le rôle du Directeur juridique ?

Le directeur juridique fait partie intégrante de la transformation numérique de l’entreprise.
Il faut que le directeur juridique prenne conscience qu’il est en capacité d’accompagner la transformation culturelle des équipes. Les juristes doivent se familiariser avec les outils digitaux qui les contraignent à réinventer leur mode d’exercice et à composer de nouvelles alliances avec les acteurs de ce marché, qu’ils soient les legaltech ou les cabinets d’avocats déjà porteurs de nombreuses offres. Cette prise de conscience est une chance pour notre profession qui pourrait, par le jeu des partenariats tissés avec ces nouveaux entrants, mais aussi avec les institutions existantes, bâtir un socle de connaissances solide et commun avec les barreaux et leurs centres de formation, pour un rapprochement des pratiques et des professions.

Peut-on s'attendre à voir enfin la création du statut d'avocat en entreprise ?

On l’attend. C’est important. Le Cercle Montesquieu a participé à tous les travaux sur le sujet. C’est la conclusion naturelle des pratiques de collaboration avec les avocats qui existent depuis longtemps. Par exemple, nous réalisons des formations communes avec l’EFB et l’AFA sur la compliance. De même, avec la CNIL sur les données personnelles.
Au-delà de cette question, il me semble que la place du juriste dans les conseils d’administration est fondamentale afin de sécuriser les choix stratégiques par une meilleure gouvernance des entreprises.

Comptez-vous poursuivre la dynamique de lutte contre les discriminations engagée par DJ au féminin et l’ouvrir à d’autres champs (handicap, discriminations sociale etc…) ?

C’est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps. En effet, j’ai travaillé dans différentes associations pour faire émerger des jeunes de la pauvreté au Cambodge et en Afrique.
Chez CA Technologies, j’ai été ambassadrice du handicap.
Au Cercle Montesquieu, la commission DJ au féminin a fait un travail formidable pour donner de la visibilité aux femmes dans la profession. Je veux profiter de cette dynamique pour lutter contre toutes formes de discrimination.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)

Voir aussi : Laure Lavorel élue présidente du Cercle Montesquieu