Media-training : 10 idées reçues concernant les relations media

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Par Delphine Jouenne et Cyril Chassaing, co-fondateurs d’Enderby, cabinet de conseil en stratégies de communication pour les métiers du conseil aux entreprises et aux dirigeants

1. « Si je deviens ami avec le journaliste, il sera plus facile d’obtenir des articles ».

Le journaliste a besoin de contenu et le simple fait que vous vous entendiez bien avec lui, point positif, ne garantit pas qu’il écrive davantage sur vous.

2. « J’ai la possibilité de relire l’article avant sa publication ».

Le journaliste n’a pas à vous faire relire son article. Il peut éventuellement vous proposer de relire vos citations mais ce n’est en aucun cas obligatoire.

3. « La stratégie de mon cabinet est passionnante, je devrais donc obtenir facilement une page de couverture d’un grand magazine ».

Vous avez plus besoin du journaliste que lui n’a besoin de vous. Aussi intéressante soit votre société, celle-ci ne méritera peut-être pas toute l’attention que vous auriez souhaitée. La concurrence est rude donc ne vous formalisez pas. Plus vous obtiendrez des citations et des articles, plus les journalistes auront envie de vous interroger. C’est un cercle vertueux.

4. « Les journalistes sont des divas ».

Il existe bien évidemment des journalistes exigeants quant au choix des restaurants et très friands des voyages de presse au soleil et cadeaux divers, mais ne faisons pas de généralités. Les conditions de travail des journalistes se sont dégradées ces derniers temps et leurs emplois du temps ne leur permettent pas de jouer les divas ou de prendre du bon temps.

5. « Je peux recevoir les questions du journaliste avant notre entretien ».

Le journaliste prépare généralement son thème à l’avance mais les questions viendront au fil de l’eau en fonction des informations que vous lui transmettrez. N’attendez donc pas qu’il vous liste au préalable ses questions. Au contraire, lors de l’entretien, vos réponses pourront créer de nouvelles questions et orienter différemment l’entretien d’origine. Tirez partie de cette situation pour faire passer vos messages !

6. « Les pigistes sont de moins bons journalistes qu’un journaliste en titre ».

Un pigiste est un journaliste à part entière donc ne les sous-estimez pas. Les grandes rédactions se réduisent et font de plus en plus appel à eux pour des raisons de coûts. Après, c’est comme partout, il y a des pigistes plus pointus que d’autres...

7. « Un jeune journaliste ne comprend rien à mon métier ».

Le journaliste n’est pas un expert comme vous mais ce n’est pas pour cela que vous devez considérer qu’il ne comprend rien à votre métier. Certains manquent d’expérience ou sont confrontés à la rédaction de sujets qu’ils ne maîtrisent pas suite à une demande de leur rédaction, d’autres doivent travailler dans des délais plus que serrés. Soyez donc patient et compréhensif et surtout n’hésitez pas à faire votre propre sélection.

8. « Si le journaliste m’interroge, il doit obligatoirement me citer ».

Faux. Un journaliste peut vous interroger pour obtenir des informations et/ou précisions sans pour autant vous citer. C’est la règle du jeu, ne vous en offusquez pas. Si vous vous montrez coopératif, le deuxième entretien sera peut-être le bon ! Mais si au bout d’une dizaine d’interviews vous n’êtes toujours pas cité, arrêtez donc de lui répondre ou bien remettez en question votre aptitude à communiquer... !

9. « Il faut se méfier du journaliste, il déforme mes propos, je ne peux pas lui faire confiance ».

Le journaliste n’est pas là pour déformer vos propos mais pour comprendre un sujet. A vous d’être assez explicite et pédagogique pour qu’il n’y ait pas d’incompréhension possible. Il faut aussi bien faire la distinction entre les journalistes « polémiques », dont le métier est de chercher des scoops et des révélations et donc qui peuvent chercher à déformer vos propos ou les sortir de leur contexte (dans ce cas éviter les contacts avec eux pour ne pas prendre de risque), et les journalistes d’information qui traitent tous les jours de l’actualité économique, financière, sectorielle... Vos conseils en communication sauront faire la différence et vous aigu iller.

10. « Le journaliste est impoli, il s’inscrit aux conférences de presse et ne vient jamais ».

Encore une fois, ne faisons pas de généralités. Si certains ne viennent jamais ou se décident en fonction du cadre de la conférence, les journalistes ont eux aussi un emploi du temps surchargé. Ils reçoivent plus de 50 communiqués de presse par jour et autant d’invitations. Difficile de leur en vouloir s’ils oublient votre conférence de presse ou doivent faire des choix en fonction de l’actualité.